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Qu’est-ce qu’une citerne d'eau de pluie ?

La qualité de l’eau

Récupérer l’eau de pluie: un choix économique et écologique

Comment rénover ou installer une citerne?

Eau de pluie et eau de distribution: 2 réseaux distincts

Quelles consommations? Quelles économies?

 

L’eau est une denrée précieuse. Ayant pris l’habitude d’ouvrir simplement le robinet pour en obtenir à profusion, nous en avons oublié l’origine et les traitements nécessaires pour que l’on puisse la consommer.

L’eau, lorsqu’elle tombe du ciel (après s’être évaporée à partir des eaux de surface), doit d’abord, soit percoler dans le sol pour atteindre la nappe phréatique, soit ruisseler en surface vers les rivières, avant d’être captée, traitée et amenée jusque dans nos maisons. Ces opérations sont, à cause de la pollution croissante, de plus en plus complexes et coûteuses.

Même si la Belgique n’est pas directement menacée de pénurie d’eau, comme certains pays du sud, nous dépensons beaucoup d’argent pour rendre potable une eau de distribution qui sera utilisée majoritairement pour des usages non alimentaires. De plus, riche en calcaire, cette eau n’est pas idéale pour la plupart de ces usages, comme le nettoyage, l’eau chaude sanitaire, l’arrosage des jardins...

Enfin, si l’eau est effectivement potable, cette « potabilité » est controversée, de par sa forte teneur en nitrates; ce qui en fait un aliment déconseillé pour les nourrissons et les personnes âgées!

A Bruxelles, les anciennes maisons sont généralement pourvues d’une citerne destinée à récolter les eaux de pluie. Dès lors, pourquoi ne pas la réhabiliter ?

L’eau de pluie est donc une ressource intéressante à exploiter. La pluie, c’est de l’eau distillée par le soleil. Elle est la source de toute eau douce sur la terre. En s’évaporant, elle abandonne sels minéraux et impuretés. En dépit de la pollution de l’air, au cours de son cycle naturel, c’est au moment où elle tombe des nuages que l’eau est de loin la plus pure.

Qu’est-ce qu’une citerne à eau de pluie?

C’est l’imitation d’une cavité rocheuse souterraine dans laquelle l’eau se conserve bien, de par l’absence de lumière et une température relativement constante. Pour cela, elle doit:
- obligatoirement être enterrée ou en sous-sol;
- pouvoir neutraliser l’acidité de l’eau.

Une citerne en béton, ou en maçonnerie réunit ces conditions. Les citernes faites en plastique, en métal ou en d’autres matériaux chimiquement inertes ne conviennent pas.

Un bon enduit de mortier, contenant environ 10 % de chaux par rapport au ciment, convient parfaitement pour rendre étanche la citerne tout en neutralisant l’acidité de l’eau. Quelques commerçants vendent également des enduits préparés.
Evitez les produits d’étanchéité qui empêchent cette neutralisation.

La qualité de l’eau

... celle qui tombe des nuages

Le dioxyde de carbone de l’air rend l’eau tout naturellement acide, sans excès. La pollution de l’air renforce cette acidité. Pour l’usage domestique, cette acidité est une qualité. La pluie peut aussi contenir des particules de fumées, de la poussière, des pesticides.

... celle qui se retrouve dans la citerne

Au contact des parois de la citerne, l’eau perd progressivement son acidité, devient « neutre » et se charge légèrement en sels minéraux. Contenant peu de calcaire, elle est également douce. Des poussières et d’autres impuretés solides entraînées du toit se déposent au fond de la citerne. D’autres impuretés restent en solution. Un grand nombre de bactéries, tout a fait inoffensives pour la plupart, s’y développent.

L’eau de pluie stockée dans des conditions adéquates, est chimiquement correcte et, moyennant des traitements appropriés, peut convenir à tous les usages domestiques.

Récupérer l’eau de pluie : un choix économique et écologique

A Bruxelles, sur un immeuble de 60 m2 au sol, on peut récupérer annuellement environ 42 m3 d’eau. Cela représente en moyenne 115 litres d’eau disponible par jour.

De plus, dans une ville équipée de nombreuses citernes, les eaux pluviales, au lieu de diluer les eaux des égouts et perturber leur épuration, ne seront relâchées qu’au fil des usages.

L’utilisation de l’eau de pluie permet une meilleure préservation des ressources hydriques et une économie d’énergie lors du traitement et de la fourniture d’eau de distribution.

Enfin, avec l’eau de pluie douce, on utilisera beaucoup moins de savons, de produits pour la lessive et la vaisselle, d’où une réduction de la pollution. En l’absence de calcaire, les robinets et les résistances chauffantes dureront également plus longtemps.

Comment rénover ou installer une citerne ?

De nombreuses anciennes maisons possèdent des citernes désaffectées. Avant leur remise en service, il faut les vider, vérifier l’état des parois, réparer les fissures éventuelles et remettre une couche bien lisse d’enduit de mortier.

Si vous installez une nouvelle citerne, calculez sa capacité en rapport avec la superficie au sol du toit. A Bruxelles, cette superficie est de l’ordre de 60 m2 pour une maison mitoyenne traditionnelle (sans compter les annexes): cela nécessite une capacité de stockage de 9 m3. (1,5 m3 pour 10 m2 au sol de toiture). Pour toute autre surface de toiture, le calcul se résume dès lors à une simple règle de trois.

Quelques options et accessoires peuvent se révéler très utiles:

- Afin de faciliter les entretiens, on peut placer un carrelage au fond, mais uniquement au fond de la citerne. On en profitera pour y aménager un point bas et, s’il est techniquement possible, un puisard. La pompe vide-cave y prendra place pour l’évacuation des eaux sales issues de l’entretien.

- L’eau du toit passera par un filtre de sédiment ou par un bassin de sédimentation d’une centaine de litres, pour rejoindre la citerne de décantation. Celle-ci représentera environ 20 % du volume de la citerne.

- Grâce à une jauge pneumatique ou dépressiomètre, on pourra toujours contrôler le niveau d’eau dans la citerne. Le tuyau d’aspiration sera équipé d’une crépine flottante.

- L’eau de la citerne sera mise sous pression grâce à une pompe (groupe hydrophore).

- L’utilisation de l’eau de pluie induit une tuyauterie spécifique dans l’habitation; l’Intercommunale Bruxelloise de Distribution de l’Eau exigeant des conduites de distribution séparées pour l’eau de ville et l’eau de pluie.

Eau de pluie et eau de distribution: 2 réseaux distincts

Le réseau de distribution d’eau alimenté par la citerne doit être intégralement distinct du réseau de distribution d’eau public (norme NBN EN 1717). Cela signifie qu’il ne peut exister de connexion entre ces deux réseaux, même temporaire.

Qu’est-ce que cela signifie ? Autrement dit, comment alimenter un WC ou la machine à laver lorsque la citerne est « à sec » ?

2 types de solutions sont possibles, induits par les seuls dispositifs permanents autorisés par la législation.

1° un remplissage de la citerne par de l’eau de distribution

rupteur

 

Soit tout simplement via un tuyau d’arrosage introduit dans la citerne par le regard. Soit par le placement d’un rupteur à évent atmosphérique permanent placé sur un circuit fixe d’alimentation en eau de distribution et qui aboutit directement dans la citerne. Ce type de dispositif est muni d’orifices d’entrée d’air totalement libres et permanents qui empêchent les retours d’eaux par une mise à l’atmosphère de tous les éléments placés en amont et en aval. Attention: le rupteur doit être placé 15 cm minimum plus haut que le niveau d'eau maximum de la citerne.

 

(source iconographique: www.belgaqua.be)

Avantage: coût peu élevé
Inconvénient: il est difficile de prévoir avec précision la quantité d’eau de distribution à mettre dans la citerne en attendant la prochaine pluie.

2° l’utilisation d’une surverse

surverse

 

Ce dispositif permet un « basculement » d’un réseau à l’autre tout en assurant une interruption totale de la pression de l’eau entre les deux réseaux, donc toute possibilité de reflux d’eau de pluie dans le réseau d’eau de distribution.
Avantage: ce système n’utilise que le volume d’eau de distribution strictement nécessaire.
Inconvénient: coût élevé des surverses.

(source iconographique: www.aquae.fr)

Le matériel utilisé doit répondre à des prescriptions techniques très précises émises par Belgaqua – Fédération belge du Secteur de l’Eau, sur base de la norme NBN EN 1717. Ainsi:
- le rupteur (première solution) doit être de type DC;
- la surverse (deuxième solution) doit être de type AA, AB ou AD.

Les clapets anti-retour sont donc insuffisants et non réglementaires.

Signalons enfin que, lorsque coexistent différents systèmes de distribution véhiculant des eaux d’origines différentes:
- les tuyauteries d’eau de distribution doivent être peintes en vert avec un anneau blanc tous les mètres (en résumé);
- aux points de prélèvement du réseau d’eau non potable, le pictogramme représentant un robinet barré doit être aposé.

Quelles consommations? Quelles économies?

la consommation...

La consommation moyenne en eau s'élève à 115 litres par jour et par personne en Belgique (source www.vivaqua.be), soit 42 m3 par an et par personne. Attention: il s'agit de valeurs moyennes: la consommation est plus importante en été qu'en hiver et le week-end on note parfois 30 % de consommation en plus qu'en semaine.

nombre de personnes au sein du ménage
consommation moyenne
 
en litre/par jour
en m3/an
1

115

42
2
230
84
3
345
126
4
460
168

5

575

210

La répartition selon les usages est la suivante:

 
consommation moyenne par personne
 
en litre/par jour
en m3/an

%

WC
40
15
35%
hygiène
37
14
32%
lessive
15
6
13%
entretien
10
4
9%

vaisselle

8
3
7%
boisson/cuisson
5

2

4%

total

115
42

100%

la récupération...

Pour estimer le nombre de litres d'eau de pluie potentiellement récupérables, vous devez multiplier le nombre de m2 de toiture (en projection horizontale) par les moyennes de précipitations pondérées en fonction du type de toiture (taux de récupération).

- moyennes des précipitations: les chiffres repris dans le tableau (source Institut Royal Météorologique de Belgique -www.meteo.be) correspondent à des litres par m2 de projection horizontale de la toiture et par mois.

tableau précipitations

- taux de récupération (source Bruxelles Environnement & Vlaamse Milieumaatschappij).

type de toiture taux de récupération
toiture inclinée de 75 à 95 %
toit plat 80 %
toit plat recouvert de gravier 60 %
toit plat recouvert de végétation extensive de 50 à 70 %
toit plat recouvert de végétation intensive de 10 à 40 %

 

 

Avec le soutien de la Région de Bruxelles-Capitale

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