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La mérule PDF Imprimer

 

Qu’est ce que c’est ?

Comment se développe-t-elle ?

Comment découvrir sa présence?

Comment y remédier?

Comment se prémunir?

Adresses utiles

 

      

 

Qu’est ce que c’est ?

La mérule est un champignon qui se nourrit de bois (surtout des résineux). Sa vitesse de croissance peut être relativement élevée et ses effets dévastateurs sur tout élément tel que la charpente de toiture, les gîtages et planchers, les escaliers, portes, lambris et revêtements de mur et de plafond, les linteaux et menuiseries extérieures. Quand on constate la présence de la mérule dans un immeuble, il ne faut donc pas tarder à agir.

Mais la mérule n’est pas le seul fléau du bois. D’autres champignons font également des ravages et les larves des vers à bois sont loin d’être inoffensives. Si les dégâts qu’ils provoquent sont moins spectaculaires et moins rapides, il est pourtant indispensable de prendre toutes les mesures curatives.

Comment se développe-t-elle ?

Comme pour n’importe quel champignon, les spores microscopiques de la mérule sont présentes un peu partout dans l’air. En se déposant sur une boiserie humide, dans une pièce à température relativement constante, elles germent et se développent en filaments appelés hyphes qui s’enchevêtrent pour former le mycélium. Celui-ci attaque les boiseries, qui pourrissent, se fragilisent, et deviennent tendres.

Le carpophore est le stade ultime de développement du champignon. C’est en fait lui qui produit les spores qui assureront la reproduction de l’espèce. Il a l’aspect d’une crêpe brun-rouille, parfois bordée de blanc, présentant une certaine consistance.

La mérule n’arrêtera pas sa progression lorsqu’elle aura épuisé toutes les ressources nutritives du bois sur lequel elle s’est installée. Elle progressera sur et au travers des maçonneries à la recherche d’autres boiseries, même si celles-ci sont sèches et saines. Elle peut, en effet, par son réseau de filaments mycéliens, transporter l’eau dont elle à besoin.

C’est ainsi que ce champignon peut faire des dégâts spectaculaires et rapides dans des endroits parfois inattendus. Ainsi, une maison mitoyenne, à l’origine parfaitement saine, peut subir le préjudice de la mérule provenant du bâtiment voisin où il existe des problèmes d’humidité.

En outre, si le champignon ne se trouve plus dans les conditions nécessaires à sa croissance, il ne meurt pas immédiatement. Il peut vivre à l’état de veille pendant des années et recommencer une nouvelle progression quand les éléments qui lui sont indispensables sont à nouveau présents.

Comment découvrir sa présence?

Il n’est pas toujours facile de déceler une attaque de mérule quand on n’est pas spécialiste. C’est d’autant plus compliqué que le champignon reste souvent confiné à l’arrière des boiseries sans révéler, pour le profane du moins, de signes réellement visibles de sa présence.

Quelques indices peuvent toutefois vous en faire prendre conscience.

- La déformation, même légère, des boiseries (plinthes et chambranles incurvés et bombés) doit vous rendre attentif.

A un stade plus avancé de l’attaque, le bois perd sa consistance (en poussant avec un objet pointu, vous passerez au travers) et se désagrège en petits cubes. Au moment du dégagement des parties attaquées se répand une forte odeur de champignon.


- Méfiez-vous de la présence de filaments ou de flocons blanc-gris d’une certaine consistance sur des chambranles, des plinthes ou des murs.
Mais assurez-vous que ce n’est pas simplement de salpêtre (efflorescence de sels minéraux). Un petit test vous fixera rapidement. Si la matière blanchâtre que vous frottez entre le pouce et l’index tombe en poussière et vous laisse les doigts gras, il ne s’agit que de salpêtre.


- Par contre, vous n’hésiterez pas devant cette crêpe brun-rouille, parfois bordée de blanc, qu’est le carpophore.
Attention: si un carpophore s’est développé, la quantité de spores à cet endroit est très importante. Evitez d’éparpiller dans d’autres pièces ces spores, qui ressemblent à de la poussière et qui s’accrochent à vos semelles, à vos vêtements…

Attention aux tapis-plains et aux balatums qui peuvent masquer un plancher pourri. Attention aux cloisons "cache-misères".

Comment y remédier?

La première tâche à effectuer est bien entendu de supprimer sans tarder la source d’humidité et d’aérer le plus possible.

Pour le traitement de la mérule proprement dit, il est vivement recommandé de faire appel à une entreprise spécialisée, et cela pour 2 raisons principales:

- tout d’abord parce que les produits employés sont toxiques. Il est donc nécessaire de manipuler ces produits avec précaution;
- ensuite parce qu’il s’agit de travaux relativement complexes qui demandent de l’expérience et de la rigueur.

Il faut tout d’abord se faire une idée précise de l’étendue du problème en dégageant les parties attaquées. Ce que vous voyez n’est peut-être que la partie visible d’un iceberg.
Il faut ensuite non seulement enlever (et incinérer) toutes les boiseries atteintes, mais également traiter les murs pour n’y laisser aucun filament. Il est même indispensable d’appliquer le traitement jusqu’à environ un mètre au-delà de toute trace visible.

Le traitement des maçonneries se fait par décapage du plafonnage, brossage des briques, brûlage au chalumeau et injection d’un fongicide dans toute l’épaisseur du mur après forage régulier de trous.

Attention: n’engagez pas la première entreprise qui prétend savoir traiter le champignon. Prenez suffisamment de renseignements et de temps avant de signer un devis. Soyez aussi au courant des procédés de traitement, des mesures préventives à prendre… afin de pouvoir bien surveiller votre chantier.

Comment se prémunir?

Empêchez le développement de la mérule en utilisant et en entretenant correctement votre bâtiment! Soyez particulièrement attentif aux problèmes d’humidité!

Attention aux toitures plates non entretenues qui fuient facilement, aux vieilles décharges sanitaires en grès qui deviennent poreuses, aux arrivées d’eau en plomb vétustes.

Attention aussi aux pièces humides comme les cuisines, les salles de bain, les buanderies… Veillez à les ventiler régulièrement.

Prenez garde également aux dessous de baignoires enfermés, aux bains qui débordent, aux petites fuites, aux toitures isolées et sans aération suffisante. L’isolation d’une toiture est un travail délicat qui ne s’improvise pas. N’oubliez jamais qu’une maison doit respirer.

N’enfermez pas le plancher de votre salle de bain ou de votre cuisine sous un revêtement qui n’est pas posé avec précautions (veillez à réaliser un joint étanche entre le plancher et le mur).

L’humidité ascensionnelle, si elle est importante, peut aussi être la source d’une attaque, surtout si la ventilation des caves (notamment par les soupiraux) a été supprimée.

 

Adresses utiles

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